Un mot d’abord sur les origines. La jam session, c’est la démocratie du jazz. Dès les années 1930 à Harlem, les musiciens venaient s’affronter, s’écouter, se défier dans une ferveur nocturne. Chacun pouvait proposer sa vision, chaque instrumentiste pouvait soudain se retrouver leader d’un soir. Sans ces espaces de liberté, ni BeBop ni jazz modal : rien que des notes organisées. Selon JazzTimes, la pratique des jam sessions structure depuis un siècle la transmission et l’apprentissage du jazz (JazzTimes).
Puis, il y a les pulsations du XXIe siècle : la boîte à rythmes, l’ordinateur et le sampleur. Le beatmaking, fruit de la culture hip-hop et de l’échantillonnage, a gagné en maturité et, plus récemment, en légitimité sur les scènes jazz. On l’a vu avec Robert Glasper ou Moses Boyd : beatmakers et jazzmen ne se contentent plus de se côtoyer, ils s’inventent ensemble sur la scène.