Ce qu’apporte le jazz fusion dans une pratique méditative tient à ses vertus paradoxales. Là où le new age plonge parfois dans le mièvre, la musique jazz fusion happe par sa richesse : chaque écoute diffère, chaque respiration réinvente le voyage. À New York, dans les 70’s, le saxophoniste Pharoah Sanders célébrait, lors de sessions publiques, la puissance du jazz pour mettre l’auditoire dans une quasi-transe, voie d’accès idéale au lâcher-prise (voir le documentaire "A Joyful Noise", 1981). Aujourd’hui, des festivals entiers réservent des créneaux méditatifs, invitant le public à s’absorber dans la vibration live.
Pour méditer, rien de tel que de désacraliser le rituel : casques sur les oreilles, volume moyen, lumière tamisée. L’écoute du jazz fusion, c’est un peu comme regarder passer les nuages : la pensée file, les émotions coulent, et parfois quelques éclairs jaillissent, souvenirs, visions, éclats du passé. Si la méditation est art de la pleine présence, le jazz fusion est son parfait compagnon de route.