Armstrong, c’est d’abord une voix. Celle qui fait éclater le cœur, même derrière les distorsions électroniques du jazz hybride contemporain. Mais c’est aussi le sens du risque, de l’improvisation totale, qui parle encore à chaque jeune trompettiste ou chanteur.
Pourquoi Armstrong influence-t-il tant les créateurs d’aujourd’hui ? Parce qu’il humanise la virtuosité. Chez lui, le solo n’est pas performance mais narration, et la blue note devient confession : On retrouve cette philosophie chez les musiciens hybrides comme Ambrose Akinmusire ou Christian Scott aTunde Adjuah, qui cherchent d’abord à raconter, émouvoir, déconstruire la frontière entre jazz, hip-hop, électro ou pop.
- La liberté rythmique d’Armstrong – Son jeu “décolle” du grid métronomique, précède ou retarde le temps pour exprimer l’émotion pure (écoutez West End Blues, 1928).
- Sa voix “brisée” – Armstrong pose les jalons d’une nouvelle expressivité, que l’on retrouve autant chez un Kendrick Lamar (sur « To Pimp a Butterfly ») que chez un Jacob Collier, multipliant les couches, les textures, les grains.
Armstrong, avec ses 80 enregistrements rien que pour Okeh Records dans les années 1920 (NPR), ne laisse aucun style de marbre. Jazz hybride, jazz modulaire, jazz live ou numérique : les musiciens du monde entier s’imprègnent de sa liberté.